SUICIDE SEASON.

SUICIDE SEASON
- Ces temps-ci,les paroles de My Ruin "It's true,I've got demons inside me and sometimes they need to speak." sont fort d'actualité,surtout sur le terrain où ils ne sont pas toujours le plus appréciés,à savoir à l'école.Pourquoi ai-je encore troqué une autre année sabbatique contre un lieu suintant l'injustice,l'abus de pouvoir,et la petitesse d'esprit?Je fais malheureusement partie de ce genre de personnes vindicatives, rebelles (haha) et anarchiques qui remettent en question tous les soirs le principe de l'existence humaine,alors un règlement scolaire douteux avec des abrutis aux commandes a l'art de me mettre hors de mes gonds,surtout lorsqu'on essaie d'influencer négativement ma perception des choses ou les valeurs qui régissent ma vie.Non,je n'aime pas le principe de la concurrence,la division pour mieux régner,les mauvaises cotes injustifiées que plusieurs d'entre nous essuyons par notre tendance à remuer la montagne de travers qui régissent notre établissement,l'hypocrisie,le banal, le travail carré,j'en passe et des pires.La bêtise combinée à deux jours intenses de maladie aux allures grippales (je rêve presque de posséder la grippe A pour éternuer à la tronche de tous ceux que je ne peux pas encadrer),m'ont fait pousser des crocs qui n'attendent qu'attaquer,et un regard empli d'animosité.Voici donc le résultat pour mon travail de "JOLIS portraits" réalisés dans le cadre du cours de photo qui va j'espère agaçer mon professeur (mais après tout elle est tellement cinglée qu'il s'agira sans doute de son travail préféré) et faire son petit chemin d'atrocité à travers les couloirs de l'école pour comprendre que leurs tendances à vouloir me "canaliser" n'aura pas l'effet escompté,c'est-à-dire m'écraser,mais qu'exiger du conventionnel de ma part ne me fera qu'empirer.
Même si mon orgueil surdimensionné est certain de ce qu'il compose habituellement ,j'ai quand même eu un énorme coup de blues ces dernières semaines lors de nos périples dans les musées de la ville pour dessiner des animaux empaillés ou des instruments de musique poussiéreux.Ces plaisants exercices ont fait jaillir les nombreux talents de la plupart de mes camarades doués pour le dessin sauvage,la composition spontanée graphique ou musicale,les langues,ou autre débrouillardise dans de nombreux domaines.Je me sens d'avantage superflue et stérile.
- En changeant les ampoules de l'appartement qui sont disposées à un certain espace de plaques en verre qu'il faut enlever pour y accéder,j'ai découvert un cimétière conséquent d'insectes avec beaucoup,beaucoup de coccinelles dans des tons paille ou brunis.Je ne sais pas si la chaleur les a désaturées au fur et à mesure du temps et comment elles sont arrivées jusque-là,mon besoin d'aération étant relativement faible.

- J'ai enfin quitté Facebook après des mois de reconsidérations,de report de décisions,de points "positifs" que je n'arrivais toujours pas à abandonner.Mais cette semaine a été celle de trop,c'était comme s'injecter une dose d'horreur et de dépression par masochisme,c'était entendre trois cons parler du site web derrière moi dans la file et me dire "D'une certaine manière je suis tout aussi débile puisque je fais partie du même réseau qu'eux." J'ai rédigé mon message d'adieu : "Je supprime mon compte Facebook définitivement dans la semaine qui suit parce que c'est devenu plus une addiction malsaine et inutile,une auto-flagellation que je ne veux plus m'infliger.Chaque connexion accentue un peu plus ma misanthropie et mon orgueil avec cet afflux constant de bêtise et de stupidité,et je pense que je trouverai plus de sérénité dans l'ignorance de tout ce qui circule ici,qui est en fin de compte un média social que je méprise."
Ce statut a provoqué une raffle de réactions essentiellement en messages privés.Des réactions étonnantes,démesurées face à cette situation qui n'avait pourtant rien d'épique, qualifiant mon geste d'héroïque (!),de révolutionnaire (!!),des remerciements pour le réflexion que cette décision inspire,des réactions qui en disent long sur la dépendance de certains et à quel point la manipulation est présente.D'autres m'ont accordé des mots très touchants que je n'aurais jamais pensé lire un jour,on exprime sans doute réellement ses sentiments lors d'une "crise".Les messages les plus douloureux étaient cependant ceux des personnes attristées me déclarant que je leur manqueraient comme si je mettais fin à mes jours et que plus jamais nous ne nous reverrions.D'autres ont plaisanté en me souhaitant "un bon suicide!",mais c'était en fait exactement ce que cet acte représentait aux yeux de tous.Supprimer son compte facebook aujourd'hui est l'égal de la destruction de soi, de l'anéantissement social.Cette constatation m'a affligée.
Cette saloperie de site n'a fait que renforcer ma décision lorsqu'ils ont tenté de jouer sur les sentiments lors de la clôture en insistant "ARE YOU SURE? exposant des images de ceux avec lesquels je converse le plus en sous-titrant "They're going to miss you!!".Les salauds.
Espérons que cette décision me redonnera la possibilité de lire d'avantage,de me repencher sur mes projets presque morts depuis que l'école a sucé tout ce que j'avais d'intéressant depuis septembre,et de devenir peut-être quelqu'un moins d'amer.
Constater que j'exécrais tout ce qui n'était pas construit comme moi dans les grandes lignes n'a pas été un bon élément dans mon amour du prochain.

- De l'origine du nom auquel ce blog fait référence.Il y a une petite quantité de films qui m'impatientent tellement que j'en deviens presque accroc bien avant de les avoir vu,fantasmant sur les images délicieuses de la bande-annonce,des extraits en ligne,de l'artwork disponibles ou des images isolées me convaincant au préalable que ce sera certainement fantastique."The Tracey Fragments" en a fait partie,et j'ai enfin eu l'occasion de le voir pour la première fois hier soir,emmitouflée dans une couette au bord
La grande particularité du film est qu'il est consrtuit selon un esthétisme rappelant Mondrian,et surtout très avant-garde dans son montage hallucinogène,à l'image de Tracey (incarné par l'intriguante Ellen Page) qui est tout autant larguée que probablement cinglée.
C'est l'un de ses rares films où je ne sais toujours pas s'il m'a fondamentalement plu ou si mon manque d'objectivité dûe à mon adoration précoce dès sa promotion brouille mon jugement. Le livre était déjà tellement indéfinissable et d'une part inconsistant que je ne peux même pas me rallier à ce support pour me repérer.Une opinion à reconsidérer dans un certain laps de temps je présume,après la hantise possible que cela m'inspirera ou les influences certaines qui auront eu un impact sur moi,ou d'autres qui en ont déjà comme cette chanson que j'écoute sans cesse sans trop savoir pourquoi.
- Il y a à l'école une fille très étrange qui a tous les attributs de ces caractères de films ou de cartoons qui sont souvent représentés par la culture gothique et qui font d'intuition logique partie de mes plus grands héros.Même si son esthétisme en est très loin et relève plus du classique/pratique,sa personnalité s'en rapproche énormément.Quand on lui pose des questions basiques comme "C'est quoi ton cours maintenant?",ses expressions faciales se forgent en une réflexion intense et douloureuse comme si on lui avait demandé d'expliquer la théorie de la relativité.C'est ce genre de personne à n'avoir cours que dans 3 heures mais rester à un endroit caché,peu peuplé pour fixer des choses invisibles à vos yeux.A avoir cet air inspiré,mélancolique sans le vouloir,et errer,lascinante dans les couloirs comme si personne ne l'attendait jamais quelque part.A abandonner tout intérêt pour un garçon roumain après qu'il ait affirmé,surpris,que non il n'était pas un vampire.C'est le genre de personne fascinante et étrange que j'admire et qui à mon plus grand étonnement me l'a rendu timidement sans que je ne le voie arriver.Etonnement,parce que j'ai toujours ce sentiment de percevoir beaucoup de beauté chez chacun,plus chez certains,et d'en être toujours moi-même complètement démunie : fade et insignifiante.Ce petit magazine qu'elle m'a livré avec plein de petits mots discrets collés révélateurs et flatteurs a été une véritable surprise.C'est agréable de constater que certaines personnes que vous croisez quotidiennement alimentent des pensées positives à votre sujet comme vous le faites vous-même également pour certaines personnes qui n'en ont pas idée,même si ce n'est que rarement,voire jamais manifesté.
- Un illuminé qui traînaît à la gare m'a offert un énorme bouquin sur la médiation et la lumière intérieure et a effrayé les filles de ma classe peu habituées à ce genre de personnages pourtant florissant dans la capitale.J'ai eu beaucoup de peine de le voir attristé face à leur silence craintif et réticent lors de sa tentative de débuter une conversation.Même si je suis généralement très grossière dans ces cas-là, habituée aux entrevues vulgaires et malsaines,je sais distinguer les bonnes intentions des chiens méchants.J'étais très gênée de ne rien avoir à lui donner en retour,mais j'espère que le bref débat que nous avons eu sur la beauté viscérale et que son invitation dans son château (?!) ont été des signes de ma très rare bonne foi.Je n'ai pas encore déballé le livre en question,j'ai peur que cette inhabituelle gentillesse émanant de ma part se rende compte qu'il s'agissait en fait d'un leurre et que je suis une nouvelle pièce d'un convoi de la mafia en constatant que ce ne sont pas des pages avec des mots,mais une planque pour un gros paquet de cocaïne.

































