Blow up.

BLOW UP
Il se pourrait que je sois sauvée / en voie de guérison / dans la bonne direction.
Mon coma artistique prend fin, mes 5 mois de suffocation et d'errance spectrale semblent s'être achevées aussi brusquement qu'une guillotine qui fend l'air.
Il s'avèrerait que quelques termes d'histoire de l'art et de notions historiques m'ont sorti la tête hors de l'eau,ces matières dont je m'étais presque lassée les années précédentes se révèlent enfin comme une source d'oxygène nécessaire et vitale.J'engloutis en effet avec rage le peu d'intellect qu'on m'offre, après ces 5 mois de grève de la faim,ces 150 jours de castration éducative.
Peut-être est-ce aussi l'environnement de la chambre,plus magique et mystérieux qui m'a administré un fameux coup de défibrillateur.
Peut-être que ce sont les éclaboussures de dentifrice projetées directement dans mes yeux à cause de la brosse à dent électrique qui transmet une certaine dose de dopamine au cerveau.
(Vu la texture effrayante de mes dents sur cette photo,si vous avez une bonne marque à conseiller c'est le moment, c'est l'instant.)
Dentifrice ou non, je m'émerveille :
- A nouveau devant la chambre de Diane Arbus dans l'extraordinaire "Fur",que j'ai été obligée de revoir après l'aménagement de mon propre cocon ce dernier mois,dont je me rappelais vaguement les silhouettes sombres sur un revêtement rosé qui m'avaient à l'époque beaucoup parlées:



- A l'évocation des dires de mon professeur d'histoire de l'art et d'esthétique qui nous évoque le drame de Pompéi , la lave dévastatrice,l'horreur des habitants.Mais surtout de la transformation de certaines victimes en oeuvre d'art.
Emmurés instantanément par la lave en fusion qui se déverse sur la ville, figés dans leur dernière position à jamais, aussi irréels qu'immortels.Des hommes de papier mâché.
A la mention du musée de Naples qui contient une partie spécifique répondant au nom "Les enfers", et qui regorge d'oeuvres aussi érotiques que gores,auxquelles on ne peut accéder que sur inscription à raison d'un nombre de visites limités par jour.
Mais encore mieux, la certification que chaque grand musée, prestigieuse bibliothèque contient assurément une partie répondant à ce chaleureux nom auxquels seulement quelques élus auront le droit d'y accéder.Il y a dans chaque musée digne de ce nom une pièce protégée qui renferme tous les maux, toute la censure du monde que celui-ci n'est toujours pas prêt d'affronter.

- Devant ce projet dans lequel je me suis impliquée, dont l'idée ressemble en tout point à ce que j'ai toujours voulu faire,ce que j'ai toujours voulu partager sans jamais trouver quelqu'un d'assez emballé ou séduit par ce genre de procédés autant que je l'étais.Cela m'attriste d'ailleurs,de toujours lancer des idées en l'air et que personne n'est jamais là pour le rattraper,mes ambitions de transfert et de partages stupides s'écrasent toujours platement comme des oeufs qui se brisent,faute de personnes sur la même longueur d'ondes.Mais parfois,mes lectures compulsives m'amènent à trouver ces personnes sur ma route et rendent mes futilités possibles.
Le processus est simple : prendre des photos en argentique, envoyer la pellicule à la personne désignée, qui le redisposera dans son appareil pour reprendre ses propres photos, se qui créera une double exposition sur la pellicule et qui mélangera de manière hasardeuse le mix des deux.Au développement, on découvre ce que cet inconnu a immortalisé et de quelle manière nos propres clichés se sont mariés avec les siens.
L'idée est instable, a de fortes chances de se planter,mais détenir des pellicules dont je n'ai presque pas la moindre idée de son contenu me fait l'effet d'un cadeau,d'une pochette surprise en plus de la possibilité d'obtenir des résultats alléchants et très surréalistes.
- Devant cette superbe image d'un show de Lady Gaga, les pieds du piano ayant l'allure des pattes courbées d'un cheval de l'apocalypse :

- Sur mon besoin impératif de m'abreuver de lectures.Je n'ai pas été bouleversée par "Corps exquis" de Poppy Z. Brite comme je l'aurais espéré, j'attends toujours un livre qui me retourne les tripes,qui m'inflige un malaise insupportable, dont les mots seront plus persuasifs que n'importe quel supplice visuel.Je commence à présent avec tout l'enthousiasme qu'il se doit le populaire "
Le portrait de Dorian Gray" d'Oscar Wilde. Je n'ai pas compris pourquoi je n'ai pas entamé cette lecture plus tôt, les thématiques comme l'horreur de la vieillesse, la beauté et les théories sur l'art sont les éléments auxquels je suis particulièrement sensible et qui,bien exprimés ont très faciles à me combler.J'espère que mon empressement ne sera pas déçu.
- Aussi devant cette merveilleuse palette "Alice" d'Urban Decay que je ne posséderai probablement jamais, mes côtés raisonnables arrivent parfois à prendre le dessus, acquérir un produit dans la seule ambition de baver devant sa beauté sans aucun autre dessein que l'extase(j'ai déjà beaucoup trop de fards à paupières) ne fait plus partie (pour l'instant) des comportements impulsifs dont je fais souvent les frais.

- Et enfin,pour conclure sur un ton profond et ingénieux :
















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